Découverte des métiers SNCF : l’aiguilleur
Alors que les questions d'orientation préoccupent nos élèves et leurs parents, répondre par des exemples concrets satisfait autant leur curiosité que leur attente d'être rassurés ! Admis à observer les coulisses de SNCF, En sortant de l'école a ainsi enquêté sur le métier d'aiguilleur. Dans un précédent article consacré au signal d'alarme (lire l'entretien avec Guillaume Ancel, Directeur des lignes L, A et J en Île de France), j’avais été frappé par le fait qu’un simple geste pouvait désorganiser l’ensemble du réseau ferroviaire d’une région ! Non seulement, l’arrêt impromptu d’un seul train ralentit les suivants, mais il désorganise la circulation et nécessite de multiples interventions de régulation.
*Frédéric KACZMAREK, adjoint au chef de la Division Appui et Pilotage à la Direction de la Circulation Ferroviaire, Département Sécurité, revient sur le rôle, les qualités et la formation du bon aiguilleur.
Quel est le rôle de l'aiguilleur ?Tout réseau ferroviaire se dote d'un plan de transport (dispositif qui répertorie les trains et leur numéro, les horaires, les arrêts, les itinéraires) qui fixe en amont le schéma de circulation des trains (ordre de circulation des trains). Sur un secteur donné, l’aiguilleur, en relation avec ses collègues des autres secteurs, a la mission de veiller à sa bonne application. En réalité, il ajuste le plan de circulation en fonction des aléas du quotidien !
Quels évènements peuvent dérégler sa mission ?
Toutes situations conduisant à interrompre ou à ralentir le trafic d’un convoi, impactent l’ensemble du réseau ! C’est encore plus vrai dans les régions à forte densité de trafic. L’arrêt d’un train après qu’un signal d’alarme ait été tiré et la présence d’obstacles sur la voie figurent parmi les évènements les plus fréquents. Le passage à niveau constitue par nature un espace requérant une vigilance particulière. Par ailleurs, ces incidents provoquent souvent, par un effet en cascade, des comportements à risques que l’aiguilleur et les personnes avec lesquelles il est en contact doivent pouvoir anticiper. Par exemple, certains voyageurs s’impatientant de voir leur train à l’arrêt, décident, sans réfléchir, de poursuivre seuls leur trajet le long des voies…
Quelles sont les qualités requises pour devenir un bon aiguilleur ?Dans sa mission, l’aiguilleur se retrouve au cœur d’un dispositif qui demande une grande réactivité, du sang froid et une bonne vision des principes de circulation. Dès qu’un évènement se produit, il est à la fois l’interlocuteur coordonnant les différentes interventions sur le terrain (avec les agents SNCF dans le train, ceux de la maintenance sur les voies, la police ferroviaire ou nationale si des personnes sont dans les emprises), mais il assure aussi la coordination avec les postes de suivi et de pilotage de la circulation (il tient informé ses collègues des autres secteurs des complications à venir, il est en contact avec le superviseur régulateur, qui depuis ses écrans visionne sur une zone plus large les déplacements en temps réels des convois sur le réseau).
Et comment devient-on aiguilleur ?Il faut être capable de gérer plusieurs problèmes en même temps et de prendre à chaque fois la bonne décision sur des situations de risques et de dangers. Il n’existe pas de formation initiale particulière. Le BAC est le minimum exigé en recrutement externe. Pour occuper ce poste, ils doivent suivre une formation à la SNCF, sanctionnée par un examen validant les compétences et les connaissances métiers. Mais ils doivent avant tout se soumettre à des tests psychologiques permettant d’apprécier ces qualités de rigueur, de calme et de lucidité, énoncés plus haut.
Post-scriptum : Il existe de nombreux métiers dans les transports ferroviaires ! Les fiches métiers SNCF nous permettent d'en découvrir la diversité.

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